La Polygamie

La polygamie est une législation divine qu’il n’est pas permis à celui qui croit aux messages célestes de nier ou de contredire. La polygamie en Islam est une sunna comme dans les autres religions célestes qui l’ont précédé. Ce n’est donc pas une particularité de l’Islam, mais comme nous l’avons dit, c’est une législation ancienne qui existait dans les religions précédentes, comme on le voit dans la Torah. Beaucoup de Prophètes avant Muhammad étaient polygames : Abraham avait deux épouses ; Jacob en avait quatre ; Salomon en avait plusieurs ; la polygamie n’est donc pas une nouveauté, elle est aussi ancienne que l’humanité.

Dans La Torah

Il est dit qu’une femme n’est pas prise avec sa sœur pour être sa co-épouse pour la dévoiler dans la vie.

Elle n’interdit pas la polygamie, mais seulement le fait de prendre deux sœurs comme épouses au même moment.

Il est également mentionné dans le Livre de Samuel que le Prophète David avait plusieurs épouses en dehors de ses esclaves, et dans le Livre des Rois que Salomon avait sept cents épouses libres et trois cents esclaves.

Lorsque Moïse fut envoyé, il confirma la polygamie sans fixer à l’homme un nombre précis d’épouses jusqu’à ce que les gens du Talmud décrètent à Jérusalem la délimitation d’un nombre précis d’épouses ; parmi les érudits juifs, il y en a qui ont interdit la polygamie tandis que d’autres l’ont permise en cas de maladie de l’épouse ou de sa stérilité.

L’Evangile

Jésus est venu parachever la loi de Moïse et il n’y a aucun texte dans l’Evangile qui interdit la polygamie.

Le roi D. d’Irlande (L’Histoire du Mariage, Wester Mark) avait deux épouses et le roi Frederik II avait aussi deux épouses avec l’accord de l’Eglise. Désormais, la permission et l’interdiction n’est plus du ressort de la religion chrétienne même, mais relève des hommes de l’Eglise.

L’allemand Martin Luther qui est le fondateur du Protestantisme considérait la polygamie comme un régime qui n’est pas contraire aux lois chrétiennes et la prônait à toutes les occasions. Il dit en effet à propos de la polygamie : (La femme dans le Coran, Abbas Mahmud Al-Aqâd.) « Certes Dieu a permis cela à des gens de l’Ancien testament en des circonstances particulières, mais le chrétien qui veut suivre leur exemple a le droit de le faire du moment où il est certain que ses circonstances ressemblent aux leurs, en tous cas, la polygamie est mieux que le divorce. »

L’interdiction de la polygamie dans la religion chrétienne est le résultat des législations faites par les hommes de l’Eglise et non pas le fait de la religion chrétienne elle-même. C’est l’Eglise en tant qu’institution qui a interdit la polygamie, à titre d’exemples :

  • L’église orthodoxe ne permet pas à l’un des deux époux de prendre un autre conjoint tant que le mariage existe.
  • L’église orthodoxe arménienne ne permet pas un second acte sauf après la dissolution du premier mariage.
  • L’église orthodoxe romaine considère que le mariage en vigueur est un empêchement d’un nouveau mariage.

Les Arabes dans la période de l’ignorance préislamique (Jahiliyyah)

Dans la période de l’ignorance préislamique, la polygamie était très répandue dans les tribus arabes sans aucune limitation. L’homme pouvait épouser autant de femmes qu’il voulait. Quand l’Islam arriva, il permit la polygamie tout en lui assignant des conditions et des principes à observer.

La polygamie était également connue depuis longtemps chez les Egyptiens, les Perses, les Assyriens, les Japonais et les Hindous, elle existait aussi chez les Russes et les Germains et fut également pratiquée par certains rois en Grèce.

Il se dégage de ce qui précède que la polygamie n’est pas une nouveauté de l’Islam, les nations antérieures l’ont pratiquée, mais en Islam la polygamie est régie par des conditions et des règles.

On dénombre parmi les conditions fondamentales de la polygamie en Islam les conditions suivantes :

  • Ne pas excéder le nombre de quatre épouses conformément à ce hadith qui dit que Ghaïlâne ibn Salama ayant embrassé l'Islam alors qu’il avait dix épouses, le Prophète (qu'Allah soit satisfait de lui) lui dit :

    « Choisis en quatre parmi elles » . (Ibn Hibbane (9/463), hadith n° 4156.)

  • L’équité et l’égalité : Allah en permettant la polygamie, lui a assigné entre autres conditions : l’équité, l’égalité et l’absence de toute injustice et oppression. Le Prophète (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit :

    « Si l’homme a deux épouses et ne pratique pas l’équité entre elles, il viendra le Jour de la Résurrection avec un flanc inclinè» . (Al Moustadrak (2/203), hadith n° 2759.)

    L’équité et l’égalité dont il est question ici sont celles liées aux choses matérielles telles que les dépenses, les dons et le partage des nuits ; quant aux choses qui ont trait aux sentiments comme l’amour et la préférence affective pour l’une de ses épouses, il n’y a aucun péché à cela, car cela ne relève pas de la volonté de l’homme comme l’a indiqué Aïcha

    –qu’Allah soit satisfait d’elle- lorsqu’elle dit : Le Messager d’Allah (qu'Allah soit satisfait de lui) faisait un partage équitable puis disait : « Seigneur ! Ceci est mon partage en ce que je possède ; ne me tiens pas rigueur pour ce sur quoi Tu as le pouvoir et dont je n’ai aucun pouvoir » . (Al Moustadrak (2/204), hadith n° 2761.)

  • La capacité de la prise en charge de la seconde épouse et de ses enfants : s’il sait qu’il est incapable de prendre en charge sa seconde épouse et ses enfants, il ne lui est pas dans ce cas permis de prendre plusieurs femmes.

    Peut-être est-il utile de relever ici certaines situations fréquentes dans la société et de voir pour chacune si la polygamie constitue un bien ou un mal pour la société et les femmes concernées :

  1. L’existence d’une épouse stérile qui ne peut avoir d’enfants alors que l’époux a besoin d’une progéniture. Dans un tel cas, qu’est-ce qui est préférable et plus convenable pour la femme ? Que l’homme lui assigne une coépouse ou qu’il la répudie sans qu’elle ait commis une faute, car il a autant qu’elle le droit d’aspirer à une progéniture?
  2. Une femme atteinte par une maladie incurable qui ne lui permet pas d’assumer ses charges conjugales. Qu’est-ce qui est préférable pour la femme dans un tel cas : lui assigner une coépouse et sauvegarder son honneur ou bien la répudier ? Ou bien encore avoir des maîtresses ?
  3. Certains époux sont dotés d’une telle virilité qu’une seule femme ne saurait leur suffire. Dans le même ordre d’idée, la période des menstrues de la femme peut être anormalement longue ou bien il se peut qu’elle soit incapable de satisfaire le désir de son mari. Qu’est-ce qui est préférable dans ce cas ? Que le mari lui donne une coépouse ou bien qu’il assouvisse ses ardeurs de façon illicite?
  4. Il ne fait aucun doute que les guerres et les problèmes internes à chaque société font beaucoup plus de victimes parmi les hommes que les femmes. On en veut pour preuve les deux guerres mondiales qui ont décimé plus de dix millions d’hommes. Si chaque homme se contentait d’une seule femme, quel serait le sort des autres femmes ? Doivent-elles assouvir leur désir dans l’interdit ou bien dans un cadre licite et légal qui garantit leur honneur et leur dignité et sauvegarde leurs droits en acceptant la polygamie ? Il est clair que le célibat des femmes facilite aux hommes le recours à la débauche
  5. Le nombre important de veuves, de divorcées et de célibataires. Qu’est-ce qui est préférable pour la femme dans ce cas : Rester seule ou vivre avec un homme qui préserve son honneur et sa chasteté comme coépouse ?

La polygamie existe dans toutes les sociétés contemporaines, mais dans les sociétés non islamiques elle prend la forme de l’adultère, en outre, cette polygamie est sans limite et … n’est réglementée par aucune forme juridique. Elle ne prescrit aucune obligation financière à l’homme envers les femmes avec qui il cohabite, il lui suffit tout simplement d’assouvir son désir et de bafouer la dignité de celle avec qui il a eu des relations puis de la laisser supporter toute seule les douleurs de la grossesse et ses conséquences. De même, l’homme n’est pas obligé de reconnaître les enfants qui naîtront de cette relation. La polygamie dans la société islamique est limitée à quatre femmes, officialisée par un acte légal prescrivant à l’homme de payer une dot à la femme ; les enfants qui naîtront de cette union sont reconnus par l’homme comme ses enfants légitimes et l’homme a des obligations financières vis-à-vis de la femme et de ses enfants.

On pourrait se demander : si nous permettons aux hommes de prendre plusieurs femmes, pourquoi ne permettons-nous pas aussi aux femmes de prendre plusieurs maris ?

La réponse à cette interrogation est que la revendication de l’égalité entre les hommes et les femmes en matière de polygamie est impossible pour des raisons naturelles et évidentes.

C’est impossible d’une part parce que l’homme, dans toutes les sociétés, exerce l’autorité sur sa famille, parce qu’il est le « sexe fort » – bien sûr on laisse de côté les fortes têtes chez les femmes qui font exception à cette règle - . Si la femme a donc deux ou plusieurs maris, à qui reviendra l’autorité de la famille ? A qui va-t-elle se soumettre pour la satisfaction des désirs ? A tous les époux ? C’est impossible du fait de leurs différences de personnalité et cela ne va qu’attiser leur colère !

C’est aussi impossible naturellement parce que la femme ne peut concevoir qu’une seule fois par an et par le fait d’un seul homme, ce qui n’est pas le cas avec l’homme qui peut avoir plusieurs enfants de plusieurs femmes au même moment. Si la polyandrie était permise, auquel des époux de la femme attribuerait-on la paternité de l’enfant ?

Certains penseurs occidentaux réclament la polygamie

Il est intéressant de montrer que certains penseurs de l’Occident revendiquent l’instauration de la polygamie et y voient la seule solution qui puisse résoudre la plupart des problèmes de leurs sociétés.

Gustave Lebon dit dans son livre La Civilisation des Arabes : « La polygamie évite à la société les malheurs et les dangers des maîtresses et met les gens à l’abri des enfants de père inconnu ».

Annie Besant dit dans son livre : Les religions de l’Inde (La Revue de Al-Azhar, Vol. 2 P. 291.) : « Je lis dans l’Ancien Testament que l’intime de Dieu dont le cœur vibrait au rythme de la volonté de Dieu était polygame, en outre le Nouveau Testament n’interdit pas la polygamie sauf à l’évêque et au diacre, c’est qu’à ceux-là il est prescrit de n’avoir qu’une seule femme. Je trouve également la polygamie dans les livres indiens anciens, ils n’accusent l’Islam que parce qu’il est toujours facile à l’homme de chercher les défauts dans les croyances d’autrui et de les dévoiler, mais pourquoi les occidentaux sont-ils si prompts à s’enflammer contre la polygamie chez les orientaux alors que la prostitution est si répandue dans leurs pays ? Celui qui observe un peu les choses constatera que la monogamie n’est réellement respectée que par un nombre très restreint d’hommes intègres. Il n’est donc pas juste de dire d’une société que ses hommes sont monogames alors qu’en dehors de la femme légitime, il existe des maitresses dans les coulisses. En jugeant les choses avec équité, il apparaît que la polygamie islamique qui sauvegarde, protège, nourrit et habille les femmes est un statut plus digne que la prostitution occidentale qui permet à l’homme de prendre une femme pour tout simplement assouvir ses désirs et de la jeter à la rue une fois son besoin satisfait, reconnaissez que les deux choses sont répugnantes !(Nous ne partageons pas, évidemment, le point de vue de l’auteur qui met la polygamie au même pied d’égalité que la prostitution ou sa qualification de la polygamie de répugnant sauf au cas où elle comporte le vice de l’injustice entre les épouses.) Mais ne permettez pas au chrétien d’accuser son frère musulman pour une chose à laquelle ils participent tous les deux. »